Pêches en Estuaire
Maigres, pibales et anguilles, lamproies, aloses et esturgeons… L’estuaire accueille dans ses eaux une grande variété de poissons migrateurs dont certains d’une grande rareté.
Que l’on soit pêcheur amateur, tranquillement installé en haut de son carrelet, ou pêcheur professionnel, l’oreille collée au bateau pour traquer les poissons grogneurs, l’estuaire est le théâtre d’une pêche bien singulière.
La pêche à l’écoute
La pêche en estuaire ne ressemble à aucune autre, certainement parce que le pêcheur reste ancré à sa terre, jamais il ne part pour un long séjour : « on fait une marée, on rentre au port, parfois on repasse chez nous, puis on repart faire une autre marée, c’est une pêche vraiment spécifique ». Principal avantage de cette pratique, le poisson de l’estuaire est toujours d’une grande fraîcheur, les fi lets restent deux heures dans l’eau et lorsque le bateau rentre au port, il bouge encore dans le bac. Pibales, de l’hiver au tout début du printemps, aloses, lamproies, maigres, petites crevettes roses en automne… Dans l’estuaire, la pêche suit le rythme des saisons et le mouvement des poissons migrateurs.
« Le maigre, c’est ma pêche préférée, explique un pêcheur de Mortagne. C’est la plus intéressante, on pêche et on chasse en même temps. » Ce poisson pouvant peser jusqu’à cinquante kilos, est pêché à l’écoute, une grande spécialité de la région. Entre mimai et mi-juin, les maigres s’installent entre Meschers-sur-Gironde et Talmont-sur-Gironde pour se reproduire. Le mâle pousse alors des grognements qui permettent à une oreille attentive de repérer les bancs. La technique de pêche est alors aussi simple qu’insolite : le pêcheur coupe le moteur, colle l’oreille contre le bateau, et dès qu’il entend un grognement, il lance le fi let. Ensuite, chose originale, les pêcheurs provoquent eux-mêmes la reproduction des maigres : en appuyant sur le ventre des femelles, ils les font pondre, puis ils prennent un mâle et répandent sa laitance sur les oeufs. Le tout est rejeté à l’eau et la ressource est ainsi préservée.
Louer un carrelet c’est possible !
Perché au-dessus des flots, le dos tourné à la rive et le regard qui embrasse l’Estuaire. « Quand on est dans son carrelet, on est complètement coupé du monde, on oublie que quelques mètres derrière, il y a la terre ! » relatent les passionnés de cette pêche traditionnelle.
Le soleil bascule, le ciel s’embrase, on plonge puis on remonte une dernière fois le fi let, quelques crevettes frétillent. Du haut de cette cabane perchée sur pilotis, un verre de vin à la main, vous goûtez un moment de dépaysement unique. À Pauillac ou à Vitrezay, plongez dans l’inattendu, louez un carrelet pour un grand moment de paix…
Poissons pin’sés
Depuis deux ans, sur les étals des marchés locaux, certains beaux poissons de l’estuaire arborent un pin’s « poisson sauvage ». Cet insigne garantit que ce poisson a été pêché par un pêcheur de l’estuaire qui travaille seul et uniquement sur l’estuaire. Un gage incontestable de qualité.
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