Ecluses à poissons : l'art de construire et de pêcher
Tandis qu’au loin la mer déferle, un long mur de pierres retient une eau calme dans laquelle un oeil exercé repère tout de suite le poisson qui s’y attarde. Posté près d’un « bouchot », là où l’écluse se vide, le mareyant, son « espiot » brandi devant lui, donne brusquement un coup dans l’eau du plat de la lame d’acier. La belle dorade qui passe est assommée et jetée dans la « gourbeille » portée en bandoulière par le pêcheur.
Cette scène familière pour les détenteurs d’écluses à poissons aurait pu n’être qu’un souvenir.
Mais les habitants des îles de Ré et d’Oléron, réunis en associations ou en équipes de « codétenteurs », se mobilisent pour sauver les dernières écluses de pierre. Ces pêcheries fragiles, dont les murs sont assemblés sans aucun ciment, protègent les côtes des attaques de l’océan.
Des centaines d’écluses ont été édifiées depuis le Moyen Age et transmises de génération en génération. Il en reste 14 à Oléron et 14 à Ré. Patrimoine unique de France, elles ne subsistent que par la volonté de ceux qui les entretiennent toute l’année, dépositaires de la tradition et initiateurs des jeunes générations.
Français
















