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Document du mois : l’histoire mouvementée des phares de La Coubre

Document du mois des Archives départementales de la Charente-Maritime.
Avril 2017



La navigation à l’embouchure de la Gironde est rendue difficile par des bancs de sable dont la forme et l'emplacement ne cessent de changer. Pour se frayer un passage, les navigateurs ont besoin de repères, visuels et/ou lumineux : amers, balises et clochers d'églises, mais surtout phares. Le plus célèbre et le plus ancien est celui de Cordouan, qui guide les navires à l'embouchure de l'estuaire depuis plus de 400 ans. Parmi la dizaine de phares construits pour aider au pilotage sur la Gironde, trois ponctuent la rive saintongeaise : Terre-Nègre à Saint-Palais, le phare des Vallières à Saint- Georges-de-Didonne et le phare de la Coubre sur la commune de La Tremblade.

 

De la balise en bois à une tour en pierre puis en bois, puis à nouveau en pierre

 

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la pointe de la Coubre, que la forêt n'a pas encore fixée, est changeante, au gré des vents et des courants qui, poussant les sables, modifient la physionomie des lieux en surface comme sous l'eau. Dès 1690, une balise en bois pouvant porter un fanal y est positionnée. Elle est reconstruite vers 1745 avant d’être renversée par une tempête en 1785.

Il est alors décidé de construire une tour en pierre de 26 mètres de haut qui semble porter un feu, peinte en noir pour mieux se distinguer des dunes de sable qui l'entourent. En 1830, elle est remplacée par un fanal en bois, déplaçable selon les besoins et l'évolution des bancs de sable à indiquer. Cette tour en charpente est elle-même remplacée par une nouvelle tour en pierre en 1841, à laquelle succède une autre tour en charpente, pyramidale, en 1860.

 

La décision d’édifier un phare en dur comme le montre le plan présenté

 

La tour pyramidale en bois est vite rattrapée par les sables et par le trait de côte qui ne cesse de reculer. La construction d'un phare plus solide est envisagée à partir de 1883, puis actée par décision ministérielle du 14 août 1888. Les plans dressés en 1889 par l'ingénieur des Ponts et chaussées Mallat, sont modifiés en 1890. Le projet d'une tour métallique est abandonné au profit d'une tour haute de 50 mètres, sur pilotis de bois, en granit et calcaire, avec recours au ciment de Portland pour certaines parties du fût et pour le couronnement. Les Archives départementales conservent le dossier technique, dont a été sorti le plan présenté, sous la cote S 8019.

 

Le phare est édifié de 1892 à 1895 à côté de la précédente tour en bois. Le chantier est mené par l'entreprise Guiraudie frères, des Mathes. Le phare est allumé le 16 novembre 1895. Il est équipé d'un appareillage optique électrique suffisamment performant pour être présenté à l'Exposition de Bordeaux de 1895. L'ancienne tour en bois est détruite en 1897 ; peu après, les vestiges de son soubassement se retrouvent sur la plage, englouties par les vagues.

 

On croit le nouveau phare capable de résister au temps, aux vents et surtout à l'érosion du rivage, car protégé de l'avancée des dunes par une digue en plaques de béton. Les ingénieurs ont pourtant averti la commission nationale des phares de la progression de la mer, mais celle-ci a estimé que "la période de corrosion de la pointe de la Coubre touche à sa fin, si elle n'a pas déjà pris fin".

 

Une nouvelle catastrophe

 

L'avancée des dunes et de la mer est pourtant inexorable et de plus en plus rapide : dès 1900, on constate que la côte a reculé d'un kilomètre en moins d'un siècle ! Lorsqu'il a été construit, le phare se trouvait encore à 300 mètres du rivage : cinq ans plus tard, il n'en est plus qu'à 60 mètres. Les vagues viennent désormais lécher son soubassement, dont les pilotis apparaissent à l'air libre. Avant d'atteindre sa première décennie, le phare est abandonné et ne sert plus que de but de promenade pour de nombreux curieux : il s'écroulera dans la nuit du 20 au 21 mai 1907. Ses derniers vestiges resteront encore quelques temps échoués sur la plage, mais eux-mêmes seront finalement happés à leur tour.

 

En 1905, on a édifié un nouveau phare, cette fois plus à l'intérieur des terres pour résister plus longtemps, espère-t-on, au recul du trait de côte. Novateur, le phare, encore en place de nos jours, comprend une tour en béton armé de 64 mètres de haut, construite en quelques mois seulement. Au cours du XXe siècle, le trait de côte continue à reculer. Le phare n'est plus aujourd'hui qu'à quelques dizaines de mètres de la plage... Classé au titre des Monuments historiques comme le phare des Vallières et celui de Terre-Nègre, son avenir n’est pas pour autant assuré !

 

N.B. Ce texte s’inspire du travail de Yannis Suire, conservateur au Service du Patrimoine et de l’Inventaire de la Région Nouvelle-Aquitaine (site de Poitiers).

 

 > Télécharger le document du mois (PDF - 152 Ko)

 



Ce plan est à découvrir parmi d’autres documents des Archives de la Charente-Maritime dans l’exposition réalisée en partenariat avec les Archives départementales de la Gironde :

 

L’estuaire de la Gironde, paysages, patrimoines & archives

du 20 mars au 26 mai 2017

Aux Archives départementales de la Charente-Maritime, site de la Rochelle


Retrouvez la base de données de l’Inventaire du patrimoine des 17 communes de l’estuaire : (3900 dossiers documentaires, 19 000 images) sur le site internet de la Région Nouvelle-Aquitaine

 

 

 

 

 


 
Date de publication : 06 avril 2017 - Date de mise à jour : 06 avril 2017