Les zones humides
Les milieux aquatiques sur le département
Le département de la Charente-Maritime présente un réseau hydrographique important, s'étendant sur plus de 4 000 km et s'articulant autour des bassins de la Sèvre Niortaise, de la Charente et de ses principaux affluents (Boutonne, Seugne, Antenne), de la Seudre et de la Gironde.
A ce réseau hydrographique s'ajoute la zone caractéristique des marais qui couvre plus de 100 000 hectares de notre territoire départemental. La circulation de l'eau y est permise par l'intermédiaire des réseaux de chenaux et de canaux, d'écluses et de vannes. Le réseau des marais est purement artificiel et son linéaire s'étend sur plusieurs milliers de kilomètres.
Deux types de marais peuvent être distingués :
- les marais salés, alimentés par les eaux côtières. Ils sont occupés majoritairement par trois activités : la conchyliculture, l'aquaculture et la saliculture et représentent une superficie d'environ 20 000 hectares
- les marais doux, alimentés par les eaux provenant des bassins versants. Ils sont isolés des eaux marines par la présence d'ouvrages à la mer. Ces derniers permettent d'empêcher la progression des eaux salées dans le marais et d'évacuer le surplus d'eau douce, en particulier l'hiver à la suite de forts épisodes pluvieux. Ces marais couvrent une superficie d'environ 80 000 hectares, répartis entre les marais mouillés, zones naturelles humides ou d'expansion des crues en bordure des grandes rivières (Sèvre, Charente, Boutonne…) et les marais desséchés, anciens golfes marins endigués et aménagés pour la maîtrise de l'eau.
Le paysage des marais a évolué au cours du temps en fonction de l'activité humaine. Aujourd'hui, le fonctionnement et les caractéristiques des marais proviennent en partie de cet héritage et de l'occupation actuelle du sol.
La gestion qualitative et quantitative de l'eau est une nécessité pour préserver l'intérêt écologique de ces zones humides tout en y maintenant les activités économiques présentes, mais les besoins de chaque activité peuvent être divergents et à l'origine de conflits d'usage.
Les actions du Conseil général en faveur des milieux aquatiques
Le Département soutient financièrement les acteurs locaux dans le domaine de l’hydraulique en s’appuyant sur l’Union des Marais de Charente-Maritime (UNIMA), structure dont il est membre et qui représente l’essentiel des associations syndicales de marais et des syndicats intercommunaux d’aménagement hydraulique, hormis ceux au sud de Pons.
Canal de Charras et réserve d'eau de Breuil-Magné
Le Conseil général a été autorisé, par décret du 21 décembre 1961, à établir une prise d'eau avec barrage de retenue sur le fleuve Charente en vue de son utilisation dans l'intérêt public et notamment pour l'irrigation des marais au nord et au sud de Rochefort.
Le Département est également propriétaire du canal de Charras et de la réserve d'eau de Breuil-Magné, lesquels correspondent à une entité homogène et indissociable au bon fonctionnement hydraulique des marais nord de Rochefort, sur l'ensemble d'un cycle hydrologique.
En hiver, la réserve est remplie et le canal de Charras permet d'évacuer l'excédent d'eau qui, sinon, inonderait en grande partie les marais et rendrait impossible toute activité sur ces terres.
En été, ces deux ouvrages constituent un volume d'eau disponible pour alimenter les marais et réduire en période d'étiage les prélèvements dans la Charente via le canal d'amenée, ce qui participe à une juste répartition de l'alimentation des marais entre le maintien en eau des milieux aquatiques, l'agriculture irriguée et la production d'eau potable au niveau de l'usine Lucien GRAND sur la commune de Saint-Hippolyte.
Dans ce cadre, le Département a décidé de confier à l’UNIMA depuis de nombreuses années, l'entretien et la gestion du canal de Charras et de la réserve d'eau de Breuil-Magné.
Entretien pluriannuel des écours des marais
Depuis 1991, le Département a mis en place une politique d'aide à l'entretien pluriannuel des marais pour les collectivités ou les associations syndicales de marais souscrivant un contrat d'entretien d'une durée minimale de six ans avec l’UNIMA.
Les opérations aidées correspondent le plus souvent à des curages de fossés « vieux fonds – vieux bords », l’entretien courant des ouvrages hydrauliques (vannes, écluses), des interventions légères sur la ripisylve et des restaurations légères et ponctuelles de berges.
Ces travaux d’entretien régulier des marais sont importants et doivent être pérennisés sous peine de voir rapidement les fossés se combler et les milieux aquatiques tels que nous les connaissons aujourd’hui disparaître.
Programme départemental d'équipement rural
Le Conseil général a mis en place un programme départemental d’équipement rural permettant d’aider financièrement les communes, les syndicats intercommunaux d’aménagement hydraulique et les associations syndicales de marais.
Ce programme permet de subventionner la réalisation d’études et de travaux en rivières et en marais portant principalement sur des opérations de curage, de restauration et de protection de berges, d’aménagements et de restauration d’ouvrages hydrauliques, de restauration de la ripisylve et d’aménagements de rétablissement de la continuité piscicole.
Il subventionne également les études et les travaux de schéma directeur d’eau pluviale, de création d’unité de dépollution des eaux pluviales en zone littorale, de récupération et de réutilisation des eaux pluviales pour des usages extérieurs aux bâtiments.
L’essentiel du programme annuel aidé est élaboré en étroite collaboration avec l’UNIMA qui assure une mission de service public auprès de ses adhérents en transmettant au Département les demandes de subventions de manière coordonnée.
Création de réserves d'eau de substitution
Dans les bassins versants fortement déficitaires en eau en période d’étiage du fait d’un prélèvement agricole estival trop important par rapport à la capacité du milieu naturel, le Département soutient financièrement les Associations Syndicales Autorisées d’irrigation pour la réalisation de retenues de substitution, remplies en période d’excédent hivernal et permettant de maintenir l’irrigation sans prélèvement d’eau dans le milieu en été.
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